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Yûichi Yokoyama
Les bandes dessinées de Yûichi Yokoyama sont reconnaissables entre toutes : la nature y est composée de volumes simples où se révèle une nette prédilection pour la ligne droite, les femmes n’existent pas, tandis que les hommes, affublés de masques et de costumes déroutants, se livrent froidement à des actions dont le lecteur n’a aucune idée.
Les ouvrages de Yokoyama ne ressemblent à rien de connu. S’attachant à explorer un monde radicalement autre, un monde tiré au cordeau, façonné, sculpté, dessiné, ils ne s’attardent pas à reproduire, recréer ou représenter quoi que ce soit: ils créent. Les bandes dessinées de Yokoyama, c’est ça: du nouveau, du nouveau, du nouveau. Inutile de s’embarrasser, à son endroit, des habituelles distinctions (manga, bande dessinée, roman graphique…), tant son travail ignore les genres et les écoles, tant il se place – sans pose, sans provocation ni volontarisme – hors de toute catégorie établie.
Comme une forme régénérée, une forme fraîche, soudain, de science-fiction, les ouvrages de Yokoyama présentent les fragments d’un au-dehors, d’un ailleurs, d’un demain.
L’exposition déploiera non seulement des planches originales des bandes dessinées parues et à paraître de Yûichi Yokoyama, mais également, pour la première fois en France, quelques unes de ses peintures.
Risto
Depuis les Beaux-arts, qu’il fréquenta à la fin des années 1970, la technique graphique de Risto reste fidèle à une attitude punk: réemploi de photographies, de bandes dessinées américaines d’après-guerre, orientalisme, intrusion du texte dans le dessin, collages, trames d’impression, césures radicales, noir et blanc violent… Les dessins de Risto, ou bien proviennent d’un choc ou bien évoquent un clash.
Ce qui est essentiellement à l’œuvre chez Risto, c’est en effet le deux. Le deux sous sa forme la plus irréductible, la moins consensuelle. Son ouvrage le plus récent s’attache ainsi, significativement, aux combats de sumo.
De même, la série de dessins intitulée Kotoba asobi – que le public du festival sera invité à découvrir – organise chaque planche à partir de la rencontre entre un mot japonais (sélectionné pour sa sonorité, pour son sens ou pour sa capacité d’évocation) et une image. Le couple amoureux en constitue le thème privilégié. Il y est figuré sous ses aspects les plus éclatés – drôles assez souvent, douloureux toujours.
Que la célébration du deux, de l’altérité radicale, de l’impossible fusion soit au cœur du travail de Risto nous laisse entrevoir la passion qu’il voue au Japon, pays impossible, étrange étranger – passion dont témoigneront les dessins réunis dans cette exposition.
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