Festival BD Aix en Provence

 EXPOSITION ÉTÉ • BENOÎT GUILLAUME

Benoît GUILLAUME
Dépaysage

Globe trotter marseillais d’adoption, Benoît Guillaume arpente depuis plusieurs années la planète, son carnet de croquis à la main. Voyageur infatigable, il dépose - le temps d’un été - ses cartons à dessins sur Aix-en-Provence pour une exposition à la géographie incertaine.

L'EXPOSITION


Périple sans boussole, l’exposition Dépaysage de l’artiste Benoît Guillaume prend la forme volontaire d’une balade imaginaire aux quatre coins du monde. Un regard en trompe-l’œil et sans les quatre points cardinaux à la rencontre des gens… de Gardanne à Phnom Penh, de Marseille à Montréal.

Quelle est l’influence du voyage dans ton travail ?

B.G : Je ne veux pas réduire l'importance du voyage parce qu'elle est bien réelle : il y a eu plusieurs moments où mon dessin s'est débloqué, a franchi une petite étape, dans l'aisance, dans le plaisir, et souvent, c'était en voyage. Le jour où, après des années, j'ai enfin réussi à me servir d'une plume et d'encre, c'était à Amsterdam. Il y eut aussi ce premier jour passé à Hanoï, ville à la fois magnifique, insupportable et moite. J'étais sous le choc et je pense que les dessins en ont retenu quelque chose. Qu'est ce que je voulais y mettre ? Le surréalisme de la ville, son anarchie, son bruit, ses gaz d'échappement, tout ce qui visuellement était excitant. Cependant cela fait maintenant 15 ans que je fais du croquis de manière un peu soutenue et je crois que mon journal quotidien me tient autant à cœur que mes dessins de voyage.

C’est-à-dire ?

B.G : D'une certaine façon en voyage ou au quotidien, c'est la pratique du carnet de croquis qui impose les choses. Le croquis, ça peut être dessiner un paysage statique à l’autre bout du monde, ça peut aussi être une tentative de coucher sur papier une foule de passants au coin de la rue. L'exercice est toujours compliqué, mais tout l'intérêt est là, évidemment. Il faut aller vite, bien obligé, et ça tient du jeu de réussir à dessiner un trajet dans un bus birman ou dans le TGV. On voit les choses en une fraction de seconde, donc il faut finir de mémoire, simplifier, synthétiser…

Est-ce que cela signifie qu’il y a une part de fiction dans ton travail ?

B.G : Si je veux être honnête, c'est la fiction qui me tient le plus à cœur, comme lecteur et comme auteur, même si ce n'est pas là que je suis le plus à l'aise.

Est-ce pour cela que tu as aujourd’hui choisi d’adapter La Sorcière de Marie NDiaye ?

B.G : Son travail m'accompagne depuis longtemps. Son écriture m'a toujours laissé une forte impression, et particulièrement l'étrangeté qui en ressort. Ses histoires prennent à peu près toujours corps dans un environnement très contemporain et réaliste... jusqu'au moment où des éléments surnaturels interviennent, par petites touches. Les histoires que j'ai pu écrire, la plupart du temps convoquaient ces mêmes composantes.

Présentées en avant-première, les planches exposées de La Sorcière, le nouvel album de Benoît Guillaume adapté du roman de Marie NDiaye (sortie prévue en 2018 chez Actes Sud BD), constituent une première incursion d’envergure de l’artiste dans la fiction en bande dessinée. Le livre raconte l’histoire d’une famille dans laquelle on est sorcière de mère en fille. Quand son mari la quitte, Lucie a tendance à partir à la dérive, tandis que ses jumelles, Maud et Lise, dignes héritières de leur grand-mère, se révèlent particulièrement douées…

L'AUTEUR


Né en 1976, Benoît Guillaume étudie le dessin à l’école d’art et d’architecture de Paris, puis à la Parsons School of design de New-York. De retour en France, il devient graphiste pour les sites internet de grandes marques, avant de s’intéresser au film d’animation. Son court-métrage Encore des changements co-réalisé avec Barbara Malleville (production Lardux Films) a été présenté au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand 2017 dans le cadre de la carte blanche offerte à la maison de production Je Suis Bien Content. En parallèle, il se consacre au recueil de dessins et à la bande dessinée. En 2016, il a publié pas moins de trois albums, dont deux sont édités par la maison Cambourakis..