Festival BD Aix en Provence

L'ÉTRANGER - Ferrandez / Camus

« L’Étranger, c’est l’histoire d’un homme condamné à mort pour n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère. »  - Albert Camus

Jacques Ferrandez adapte l’Étranger en bande dessinée aux éditions Gallimard, l’occasion pour les Rencontres de 9e Art de célébrer à leur façon le centenaire de la naissance d’Albert Camus.

Le festival participe activement à cette commémoration en proposant une tournée nationale et internationale de l’exposition « l’Étranger ».

Ferrandez en offre ici une relecture passionnante en bande dessinée, sans en épuiser le mystère.

« L’auteur réussit son pari : ce roman-monologue, dépouillé comme une nouvelle, trouve toute sa saveur dans la description de l’instant : face au cercueil de la défunte, abandonné dans un flirt au soleil sur la plage, dans le cabinet d’un juge d’instruction, dans l’isolement d’une cellule de prison, dans l’attente enfin d’une froide exécution. Et au-dessus de tout cela, Alger la blanche renvoie paisiblement la lumière qui coule du ciel bleu. »

Actua BD

 

JACQUES FERRANDEZ

Né le 12 décembre 1955 à Alger, il n’y vit que six mois avant de partir pour Nice. Pourtant, de cette Algérie natale, ce fils de pied-noir gardera la marque au cœur et dans ces œuvres. On peut en effet quasiment diviser en deux ensembles les bandes dessinées de Ferrandez, celles qui tournent autour de la Provence comme Arrière-pays et ses adaptations de Marcel Pagnol, et celles qui traitent de l’Algérie, avec sa série Carnets d’Orient, aux éditions Casterman, à laquelle il consacre 25 ans de sa vie. Cette série, au fil de ses dix volumes, raconte l’Algérie depuis la fin du XIXe jusqu’à la guerre d’indépendance.

Mais il serait réducteur de ne citer que ces deux axes d’une œuvre qui comprend également de nombreux carnets de voyages, et plusieurs collaborations avec le scénariste Rodolphe comme avec les écrivains Didier Daeninckx et surtout Tonino Benacquista.

 

DE CAMUS A FERRANDEZ

L’Étranger n’est pas son premier contact avec Albert Camus, lecteur de longue date, il avait déjà réalisé une adaptation de la nouvelle l’Hôte, chez Gallimard, qui avait également fait l’objet d’une exposition aux Rencontres du 9e Art.

« Beaucoup de choses, et depuis longtemps en effet, me lient à Camus. Il me semble que j’ai grandi avec. Je suis né dans le quartier populaire de Belcourt, à Alger, et mes grands parents avaient un petit magasin de chaussures au 96 rue de Lyon. Albert Camus a passé toute son enfance et son adolescence au 93, en face. Son trajet entre Belcourt et le Lycée Bugeaud, à l’autre bout d’Alger qu’il raconte dans Le premier homme, mon père qui a fréquenté le même lycée venant du même quartier me l’avait raconté presque avec les mêmes mots. Son appartenance à l’Algérie, son déchirement au moment de la guerre d’Indépendance, tout cela me touche beaucoup. » 
Jacques Ferrandez.