Festival BD Aix en Provence

 EXPOSITIONS 2017 • MARCO TÓXICO

MARCO TÓXICO

Illustrateur bolivien corrosif, Marco Tóxico s’amuse de son époque pour développer un univers halluciné et déjanté. Avec un dessin en forme d’écriture automatique, il revendique, comme marque de fabrique, le choix de ne donner de cohérence à ses travaux… qu’au fur et à mesure de leur avancement. L’exposition qu’il crée avec le festival lui permet de balayer pour la première fois depuis quinze ans sa prolifique production.

L'EXPOSITION


"L’art est frontal. À partir du moment, où son propos ou sa forme sont attendus, c’est là que le danger guette…" Avec son trait spontané volontairement revendiqué et ses aplats de couleurs intenses surlignés d’un trait noir appuyé, le dessin de Marco Tóxico est comme lui… sans compromis. Coloré à l’extrême, contrasté au possible, l’univers graphique de l’artiste est un savant collage de films étranges, de chansons bizarres et d’une agoraphobie chronique que seuls les habitants de grandes villes comme La Paz peuvent ressentir. Marco et ses traits sont comme ça. Ils ne trichent pas. Acides, souvent monstrueux - au sens premier du terme - le dessin de Marco sait se jouer des peurs ancrées dans l’imaginaire populaire pour dépeindre, non sans humour, le grotesque de nos sociétés. "Ce qui est vraiment intéressant et assez rare chez Marco Tóxico par rapport à d’autres artistes sud-américains, fascinés par la bande dessinée américaine ou japonaise, c'est sa soif d'explorer sa propre culture populaire" raconte Raphaël Barban du festival Formula Bula. Et effectivement, avec une réactivité folle, Marco fonce et pioche l’inspiration partout où elle se trouve : dans le flux médiatique, le folklore religieux local autant que dans les poèmes de Mario Santiago Papasquiaro, les chansons d’Arturo Meza ou les peintures de Rufino Tamayo. Un seul mot d’ordre : tout digérer pour produire encore et encore.

Présentée en partenariat avec l’école Intuit.Lab, qui œuvre dans le domaine du design graphique et de la communication visuelle, l’exposition Marco Tóxico propose, pour la première fois en France, de parcourir les différents axes de travail de l’artiste. Entre La vida güele a mierda où Marco se mettait lui-même en scène et son travail d’affichiste aujourd’hui remarquée sur la scène internationale, l’exposition parcourt quinze années d’une production parmi les plus denses d’Amérique du Sud.

L'AUTEUR


Originaire du quartier populaire de Miraflores, Marco Tóxico est né en 1982 à La Paz. Il tient son pseudonyme de l’un des premiers fanzines auquel il participe - Trazo Tóxico - qu’il distribue lui-même dans les commerces de la ville. Malgré une production extrêmement dense, son premier album bolivien, Estéril, ne sort qu’en 2014, à la faveur d’une proposition de l’éditeur Perra Gráfica de compiler sur 100 pages, le meilleur de dix années de travaux. Depuis, deux autres albums ont vu le jour, le dernier Frágil, étant publié par sa propre maison d’édition, La Ñatita. En 2016, il est choisi pour figurer parmi les 34 illustrateurs retenus pour le très prestigieux Catálogo Iberoamérica Ilustra qui vise à mettre en lumière le meilleur de la scène espagnole et sud-américaine, tous pays confondus (950 artistes sélectionnés au départ). La même année, il réalise l’une des affiches de la 64e édition du Festival International de cinéma de San Sebastián.